December 16 2014

Grizzly groggy ?

Ours russeLe terrible ours russe semble KO. Le pétrole qui lui donne habituellement sa redoutable puissance dans l’habitat géopolitique mondial lui fait soudain défaut. Pour beaucoup de nations, pour tous les investisseurs, les entreprises et même pour les simples consommateurs, la chute des prix du brut est telle qu’elle les touche forcément, parfois positivement (pays développés, Inde…) parfois négativement (Venezuela, Russie…).

Le mouvement de panique sur le rouble – compréhensible quoi que d’une ampleur phénoménale, s’est désormais étendu à l’ensemble de tous les actifs financiers liés à l’or noir (actions devises ou obligations), et de fil en aiguille commence à toucher l’ensemble des actifs qui ne sont pas forcément liés.

Ainsi, on observe parallèlement de fortes baisses sur des émetteurs émergents a priori peu risqués dans les secteurs des taux et des devises (titre d’Etat bolivien, peso colombien… voir graphe).

spreads

Graphe : spreads de différents compartiments de crédit

Les bourses commencent également à pâlir en Europe, alors que les taux allemands touchent les 0,6% et les taux français 0,9%...

Que peut-on en déduire, pour l’ensemble des marchés et les émergents en particulier ?

Une chose est certaine, la crainte de déflation grandit dans les esprits. Ce n’est pas encore le sens des statistiques, mais elles baissent partout dans le monde, émergent ou développé. Le brut sous les 60$ peut-être interprété comme la conséquence d’un ralentissement économique grave et il semble bien que ce soit ainsi que réagissent les marchés.

C’est sans compter l’arme qu’il représente, aux mains notamment de l’Arabie Saoudite (qui aimerait bien faire manger leurs turbans aux ayatollahs iraniens) et des américains (qui veulent la même chose pour Putin et sa chapka). Ouvrir à fond le robinet du pétrole dans un marché fragilisé, c’est évidemment garantir que le prix de celui-ci implose, avec peu ou prou les conséquences tant désirées par les saoudo-américains. Quand en plus cela se situe dans un cadre où la punition des sanctions économiques désormais bien rôdée commence à mordre, il est normal que la dose devienne trop forte même pour un grizzly économique.

Il est à notre sens parfaitement possible que les marchés soient un peu aveuglés par la peur d’une crise économique (de type déflation), en prenant comme symptôme ce qui est en partie une manipulation (la baisse du brut). Ceci est d’autant plus vrai que le poids économique des producteurs excédentaires de pétrole dans le monde est bien moins grand (au sens du poids en PIB) que celui des déficitaires, contribuant à une relance massive (plus de mille milliards de dollars) que l’on compare souvent à une baisse d’impôts qui ne grève pas les budgets des Etats.

Les pays émergents luttent sans doute pour maintenir leurs positions concurrentielles dans le commerce à coups de dévaluations compétitives. Il faut donc être prudent sur les devises.

En revanche, les taux que l’on peut obtenir de la part d’émetteurs de cette zone en obligations en dollar sont à des niveaux qui reflètent des risques trop élevés par rapport à la réalité de leur solvabilité, à quelques exceptions près, comme le Venezuela.

 

 

 

 

 

 

 

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