May 07 2013

Malaisie : nouveau départ ou chant du cygne ?

Vote MalaisieLa bourse de Kuala Lumpur a apprécié : + 3,38% au lendemain de la défaite d'Anwar Ibrahim, le flamboyant leader du Pakatan Rakyat ou PR (Pacte Populaire), car elle lève plusieurs mois d'incertitude qui ont précédé les 13eme élections législatives qui ont eu lieu ce dimanche.  Avec une hausse de 4,7%, depuis le début de l'année, elle a encore bien du retard par rapport à ses concurrentes. Le mouvement peut-il se poursuivre ?


Le Barisan Nasional ou BN (Front National), coalition au pouvoir depuis plus d'un demi-siècle, a remporté celles-ci d'une courte tête avec 133 des 222 sièges au Parlement, enregistrant ainsi son plus mauvais score historique. Aux dernières élections de 2008, le BN avait déjà perdu la majorité des deux tiers, nécessaire pour amender la constitution.

Ce résultat, encore contesté par l'opposition qui invoque une fraude massive, pourrait quand même bien coûter sa place au Premier Ministre Najib Razak.

La croissance du pays (5.6% en 2012) et l'augmentation du revenu brut par habitant de près de 50% sur la période 2009-12 ne masquent pas de grandes inégalités. La première qui saute aux yeux est sans doute l'inégalité ethnique: la "préférence aux malais" (bumiputera), politique de discrimination positive mise en place par le moteur principal de la majorité, l'UMNO (Organisation Nationale Unifiée Malaise). Cependant, ce clivage ethnique n'est plus aussi fort car l'inégalité des revenus a contribué au rapprochement récent des communautés minoritaires chinoise (25% de la population) et indienne (8%) avec la classe des malais restés en bas de l'échelle sociale, unis dans l'exaspération contre les privilèges d'un certain groupe socio-éthnique.

Aujourd'hui, doté d'une majorité affaiblie, le gouvernement devra faire face à des défis sociaux et économiques pressants: assouplir les règles de discrimination ethnique en place, améliorer le niveau d'éducation de la population, réduire la dette publique (52.9% du PNB en 2012)... Et le PR de pester contre des élections "truquées" et de s'insurger contre la corruption et les inégalités sociales.

Faut-il pour autant jeter le bébé avec l'eau du bain ? Sans doute pas.

Dans aucun pays les politiques ne font l'unanimité, et ce n'est pas aux français qu'on dira le contraire ! Ce qui compte, c'est un minimum de progrès, et certes, si le découpage électoral favorise le parti au pouvoir (peu sympathique au demeurant), si comme dans presque tous les pays émergents des tensions ethniques existent, si la sage Malaisie avec ses 29 millions d'habitants ne fait pas rêver comme l'Indonésie, elle se situe au cœur d'une zone en plein boom, qui profite autant de sa dynamique propre que de la croissance chinoise et des investissements japonais. Le projet d'infrastructure qui reliera l'Inde à Singapour doit passer par elle, et ses précieuses ressources forestières deviennent un bien de plus en plus prisé.

Cerise sur le gâteau, la bourse de Kuala Lumpur est assez "défensive", se trouve à 15,5 fois les bénéfices, et il y existe des sociétés leader sur leur créneau et de grande qualité (services pétroliers, transport aérien, banque…).

Shânti Asset Management Tout droits réservés - Copyright 2013 Agence Web Paris : Plusqueduweb